Hockey sur gazon - Inde - Challenge #27
- 8 août 2019
- 3 min de lecture
Hockey sur gazon - Inde - Challenge #27 🏑 🇮🇳

Je débarque cette fois-ci à Bangalore, dans le sud de l’Inde, pour découvrir le hockey sur gazon. C’est le sport national ici et on ressent l’importance qu’il a parmi les habitants. C’est une véritable institution. On trouve de nombreux terrains d’excellente qualité dans la ville. Et les clubs sont très bien structurés. Les jeunes sont pris en charge totalement pour pouvoir jouer et aller à l’école. Un double projet qui permet aussi aux plus démunis de s’épanouir complètement. En arrivant, je me suis rendu au hasard dans un des clubs que j’avais localisés sur la carte : le Karnakata State Hockey Stadium. Un des gars croisés là-bas me dit qu’on peut facilement jouer au hockey le weekend. Je profite de mon temps libre pour aller acheter crosse et balle à Décathlon (les repères ne sont pas totalement perdus 😉 En arrivant le samedi matin à 8h30, j’apprends que les matchs commencent bien plus tôt (aux alentours de 6h).
Je reviens donc le dimanche matin à l’aube et trouve quelques joueurs sur le bord du terrain en train de se préparer. Je demande à l’un d’eux si je peux jouer… il me répond instantanément que je suis le bienvenu, sans même savoir si je sais jouer ou pas. Evidemment, je n’ai aucun rudiment technique dans ce sport et les joueurs me donnent tout un tas de conseils dès l’échauffement. L’accueil est génial. Ils auraient très bien pu me laisser sur la touche pour éviter d’être dérangés. Mais c’est tout le contraire. J’ai été parfaitement intégré dès le début. On joue plus de 2 heures. Je sens déjà des courbatures partout (surtout au dos et aux fesses…) Mais c’est un vrai plaisir d’avoir pratiqué avec eux et je n’ai qu’une envie, c’est de rejouer. Sachant que ça joue que le weekend, je me sens un peu frustré.

Et je décide de revenir le lendemain pour voir les jeunes s’entrainer dans le stade principal. Là aussi, ça commence super tôt : appel et hymne national à 6h15 !! Et gare au coup de crosse en cas de retard. J’arrive donc au bord du terrain pendant que tous les joueurs sont alignés. Le coach vient me voir de suite et, sans que je ne demande rien, me propose de rejoindre le groupe pour participer à l'entraînement. Je suis aux anges. Je trouve ça incroyable. J’ai rarement vu lors de mes séjours des gens aussi avenants naturellement. C’est donc parti pour une journée d’entraînement : chant, ramassage des plumes, échauffement, étirements actifs, mobilité, gammes … puis on prend crosse et balle. Travail de passes par 2, moitié largeur puis toute la largeur : différentes techniques : balles frappées, balles poussées, revers, les contrôles… Puis déplacements avec balle : là aussi, de nombreuses techniques. Le coach me dit que les basiques nécessitent 2 ans de pratique régulière. Après 3 h d’entraînement, il y a une pause. C’est le moment des matchs pour certains, contre les différentes équipes pro qui cohabitent sur le terrain ; et d’exercices de technique individuelle pour les autres. Je suis pris en charge par Manuel Fredrick, légende de ce sport à Bangalore, puisqu’il a été médaillé olympique à Munich en 72. C’est donc un vrai privilège et un honneur de recevoir les conseils et les enseignements d’un tel champion. A 16h, ça reprend jusqu’à la tombée de la nuit : passes, tirs en courses, jeu réduit… Le contraste entre l’organisation et la rigueur de l’entraînement et l’anarchie qu’on trouve en ville est saisissant. C’est un peu à l’image du pays. L’Inde est pleine de paradoxes. Je suis bien sur invité à revenir m’entraîner et c’est ce que je fais jusqu’au dernier jour. Tous les joueurs sont intrigués par ma venue et me posent tout un tas de questions. J’ai souvent été bien reçu lors de mes précédentes aventures mais l’accueil que j’ai trouvé ici est incomparable : je suis touché par la spontanéité et la bienveillance de la part de tous les joueurs. Une expérience merveilleuse d’un sport méconnu chez nous mais que j’invite à suivre lors des prochains JO. Ça me fait penser un peu au foot mais avec des gestes techniques encore plus riches. Merci à Yang Lee pour avoir assuré à merveille les prises de vue. C’est typiquement le genre de sport où j’aurais éprouvé de vraies difficultés en étant tout seul (car les espaces sont grands et gérer les caméras en même temps que la pratique s'avère très compliqué). Merci à tous ceux qui me soutiennent, qui me suivent, qui réagissent aux différentes aventures. Et merci à tous les gens croisés lors de ce séjour qui l’ont rendu si authentique. A très bientôt pour les derniers challenges de la 3ème année.





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